Le nouveau président colombien rejoint les appels à la légalisation

Traduction d'un article de Phillip Smith, publié par StopTheDrugWar.org le 27 août 2010. Lien en bas de page.



Le président colombien Juan Manuel Santos a déclaré dans une interview à la radio mexicaine, ce mercredi, qu'il soutient l'appel du président mexicain Felipe Calderon à un débat sur la légalisation des drogues. Il a également déclaré qu'il cherchera à bâtir un front uni avec le Pérou et le Mexique sur la légalisation si les électeurs en Californie approuvent la légalisation du cannabis en novembre.

La Colombie et le Pérou sont les plus importants producteurs de cocaïne au monde. Le Mexique est le premier producteur de cannabis et d'opium dans cet hémisphère, et ce pays est le point d'attache pour certains des gangs de la drogue les plus violents et riches au monde.

«Nous entrons dans une ère du trafic de drogues ou chacun doit avoir ce type de réflexion,» déclare Santos. «Le Présidend Calderon [note: président actuel du Mexique] a raison d'appeler à cette discussion, sans présupposer être en accord ou pas avec le choix de la légalisation.»

Santos fait référence à la proposition de légalisation du cannabis en Californie avec un sentiment partagé. «Comment pourriez-vous expliquer à quelqu'un dans la montagne colombienne que cultiver du cannabis est illégal, détruire sa récolte et peut l'amener en prison quand c'est légal de le consommer aux États–Unis.»

Santos se dit troublé par la distinction faite par certains aux États-Unis entre les drogues «douces» comme le cannabis et les drogues «dures» comme la cocaïne ou l'héroïne. «Où allons-nous placer le curseur?» a-t-il demandé.

«Nous sommes tous touchés par le fléau du trafic de drogue,» a dit Santos, se référant à la Colombie, au Mexique et au Pérou. «Nous devons nous poser et travailler sur la façon dont nous allons réagir et sur ce qui va se passer après ce référendum,» a-t-il dit. «Toutes les stratégies sont plus efficaces quand elles sont combinées.»

La Colombie ne peut pas légaliser le commerce de la drogue par elle-même, a déclaré Santos. «Unilatéralement, nous ne pouvons pas légaliser les drogues, car cela constitue un problème non seulement pour la sécurité nationale, mais il ya aussi des implications internationales.»

Que le président Santos fasse de telles remarques n'est pas une surprise. En 1998, à la tête de la Good Government Foundation, il a cosigné une lettre ouverte au secrétaire général de l'ONU d'alors, Kofi Annan, appelant à une «évaluation franche et honnête de la lutte mondiale contre la drogue», car «nous croyons que la guerre mondiale contre la drogue cause maintenant plus de tort que l'abus de drogues lui-même.»

Et il y a deux ans, il a déclaré lors d'une conférence à Londres sur la cocaïne que la légalisation devrait faire partie du débat. Il dit alors qu'il n'y avait pas à l'époque de volonté politique de le faire. Le temps nous dira si quelque chose a vraiment changé à cet égard.


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